L'objectif 500 mm à miroir


Histoire :

L'objectif 500 mm à miroir, pour le format 24x36, est apparu en France dans les années 70. Il fut d'ailleurs principalement utilisé au début des années 80. Un photographe connu comme André Martin en fit un élément essentiel de sa recherche sur le paysage.
Le résultat obtenu cacactérise le style de ses images, intimement lié au résultat technique de l'objectif.
On peut citer également Denis Stock, de l'Agence Magnum, pour son livre "Provence", à titre d'exemple. Il est aussi utilisé par les 'paparazzi', du fait de sa petite taille.

Caractéristiques techniques :

Le téléobjectif catadioptrique ne possède pas de diaphragme ; l'ouverture fixe se situe à f/8. Les filtres fournis se placent en arrière de l'objectif, le filtre gris servant à limiter l'entrée de la lumière de 2 valeurs quand celle -ci est en excès.
Sa construction optique est en fait celle d'un petit téléscope (exp : 7 éléments en 5 groupes avec 2 miroirs et un filtre toujours incorporé).
Ses dimensions sont très compactes pour sa focale de 500 mm (exp : 89x118 mm pour 665 grammes).

Résultat et technique de la prise de vue :
La première et la plus connue des caractéristiques des images obtenues avac le téléobjectif à miroir est assurément les points lumineux situés en arrière et premier plan qui se transforment en petits anneaux de lumière par l'effet du flou de la profondeur de champ.
Quant à la profondeur de champ, elle est extrêmement réduite et limitée à un point de netteté précis, ce qui permet une sorte d'accentuation de la "présence" d'une partie du sujet ou du sujet lui-même.
La technique de mise au point est en fait l'arrêt de celle-ci dès que la netteté est obtenue. A la focale de 500 mm , l'ouverture fixe de f/8 est insuffisante pour fournir une bonne profondeur de champ.
Comme pour tout bon objectif de 400 mm et plus, la compression des perspectives, l'isolement du sujet et la perception des matières sont très fortement perceptibles. En plus, de par la profondeur de champ obligatoirement réduite, l'intimité avec le sujet photographié est très fortement exprimée.
Dans la pratique, on conseille généralement une vitesse d'obturation minumum de 1/500e de seconde à main levée, mais avec la maîtrise, on peut descendre à 1/250e voire même à 1/125e ... respiration bloquée, maintien souple de l'objectif et déclenchement instantané, entre deux vibrations... Autrement, il est recommandé d'utiliser un pied. Le film à utiliser le plus couramment est de sensibilité 400 ISO.

Conclusion :Je considère qu'il est un tort de présenter le téléobjectif à miroir comme un objectif à effet mais très limité...
En fait, par sa forte personnalité, il permet d'accentuer l'impact de certaines images et plus encore, de développer un style de travail qui peut être votre recherche et création personnelle. De par ses effets qu'il faut maitriser et ses limites techniques qu'il faut accepter, il est un outil de création brute dont il est interessant d'exploiter le potentiel au maximum.

Michel AUDEBERT - http://www.itisphoto.com/audebert